Tu ressens de l’anxiété. Ton esprit anticipe tout ce qui pourrait mal se passer. Tu as du mal à relâcher la pression. Et puis une pensée arrive : « Si j’avais vraiment confiance en Allah, est-ce que je serais aussi anxieuse ? »
Peut-être as-tu même déjà entendu : « Tu dois avoir plus de tawakkul », « Fais confiance à Allah » ou « Arrête de t’inquiéter, tout est déjà écrit ».
Ces rappels peuvent contenir une vérité spirituelle précieuse. Mais lorsqu’ils deviennent l’unique explication de ton anxiété, ils peuvent aussi te conduire à une conclusion douloureuse : « Si je vais mal, c’est que ma foi va mal. »
Or, les choses sont plus nuancées.
L’anxiété peut impliquer tes pensées, ton corps, ton histoire, tes apprentissages et ton sentiment de sécurité. Le tawakkul, lui, concerne la confiance que tu places en Allah tout en accomplissant les causes qui te sont accessibles.
Alors, peut-on être anxieuse tout en ayant confiance en Allah ? Comment distinguer une réaction anxieuse d’un véritable problème de tawakkul ? Et surtout, comment cultiver cette confiance sans utiliser la religion pour culpabiliser davantage ?
C’est ce que nous allons voir.
1. Anxiété et tawakkul : de quoi parle-t-on exactement ?
Avant d’opposer anxiété et confiance en Allah, il faut comprendre ce que recouvrent réellement ces deux notions.
L’anxiété ne se passe pas uniquement « dans ta tête »
Lorsque nous parlons d’anxiété, nous pensons souvent aux inquiétudes :
« Et si ça se passe mal ? »
« Et si j’oublie quelque chose ? »
« Et si je n’y arrive pas ? »
« Il faut absolument que je règle ça avant de pouvoir souffler. »
Mais l’anxiété peut également se manifester dans le corps.
Tu peux ressentir une accélération du rythme cardiaque, une tension musculaire, une boule au ventre, une agitation ou l’impression de devoir constamment anticiper ce qui va arriver.
Parfois, tu sais même rationnellement que tout va bien… mais tu ne te sens pas tranquille.
C’est une distinction importante.
Imagine une femme qui a passé plusieurs années dans un environnement où elle devait constamment anticiper les problèmes. Elle a appris à surveiller, prévoir, vérifier et ne jamais vraiment se relâcher.
Aujourd’hui, sa situation a changé.
Elle est en sécurité.
Pourtant, lorsqu’elle termine une tâche, son esprit cherche immédiatement la suivante.
Elle pense :
« D’accord, ça c’est fait… mais maintenant il reste ça. »
Puis autre chose.
Et encore autre chose.
Elle se répète intérieurement :
« Quand j’aurai terminé tout ça, je serai enfin tranquille. »
Le problème ?
Tout n’est jamais complètement terminé.
La vie continue.
Il y aura toujours un message auquel répondre, un rendez-vous à prendre, un enfant à accompagner, un repas à préparer, une démarche administrative ou une nouvelle responsabilité.
Le cerveau reste alors en mode anticipation et la sensation de sécurité est constamment repoussée à plus tard.
Qu’est-ce que le tawakkul ?
Le tawakkul consiste à placer sa confiance en Allah tout en accomplissant les causes légiférées et accessibles.
Allah dit :
« Puis, lorsque tu t’es décidé, place ta confiance en Allah. Car Allah aime ceux qui placent leur confiance en Lui. »
Coran, sourate Âl ‘Imrân, 3:159
Le tawakkul ne consiste donc pas à délaisser les causes ni à rester passif dans l’attente. Le croyant consulte, prend les causes qui lui sont accessibles, puis, une fois sa décision prise, place son entière confiance en Allah, sans placer cette confiance dans les causes elles-mêmes.
Allah dit également :
« Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. »
Coran, sourate At-Talâq, 65:3
Le Prophète ﷺ a aussi donné une image magnifique du tawakkul :
« Si vous placiez votre confiance en Allah comme il convient de le faire, Il vous accorderait votre subsistance comme Il l’accorde aux oiseaux : ils partent le matin le ventre vide et reviennent le soir rassasiés. »
Jâmi‘ At-Tirmidhî, n°2344, jugé authentique
L’oiseau ne reste pas dans son nid.
Il sort.
Il cherche.
Il accomplit les causes.
Mais il ne possède pas sa subsistance.
Cette distinction est essentielle : faire les causes ne signifie pas contrôler le résultat.
Et c’est précisément ici que l’anxiété peut parfois venir brouiller les frontières.
2. Être anxieuse signifie-t-il forcément manquer de tawakkul ?
La réponse courte est : non, on ne peut pas conclure qu’une personne manque de tawakkul simplement parce qu’elle ressent de l’anxiété.
Pourquoi ?
Parce qu’une émotion ou une réaction corporelle n’est pas nécessairement une croyance choisie.
Tu ne choisis pas toujours la première réaction de ton corps
Imagine que tu sois tranquillement assise et qu’un énorme bruit retentisse soudainement derrière toi.
Ton corps sursaute.
Ton cœur accélère.
Tu n’as pas pris la décision suivante :
« Je vais maintenant avoir peur pendant trois secondes. »
Ton organisme a réagi.
Certaines réactions anxieuses peuvent également apparaître très rapidement.
Une situation actuelle rappelle un danger ancien. Une sensation réveille un souvenir. Une incertitude déclenche immédiatement une cascade d’anticipations.
Cela ne signifie pas automatiquement :
« Je ne fais pas confiance à Allah. »
Cela peut simplement signifier :
« Quelque chose en moi a identifié cette situation comme menaçante. »
Et les deux questions n’appellent pas exactement la même réponse.
Quand ton corps continue à vivre comme s’il devait se protéger
Certaines personnes ont grandi avec une pression importante.
Par exemple :
Tu rentres de l’école avec un 18/20.
Au lieu d’entendre :
« Mâ shâ Allah, tu as beaucoup travaillé. »
tu entends :
« Pourquoi tu n’as pas eu 20 ? »
Une seule remarque ne construit évidemment pas toute une personnalité.
Mais lorsqu’un enfant grandit de manière répétée avec le message que ce qu’il fait n’est jamais vraiment suffisant, il peut progressivement intégrer une règle implicite :
« Je pourrai me détendre lorsque j’aurai tout bien fait. »
Ou :
« Pour être tranquille, je dois faire davantage. »
À l’âge adulte, cette logique peut réapparaître dans le quotidien.
Tu ranges la maison.
Mais il reste le linge.
Tu termines le linge.
Mais tu n’as pas répondu à tes messages.
Tu réponds aux messages.
Mais tu dois préparer le repas.
Tu termines le repas…
Et ton cerveau cherche déjà la prochaine tâche.
Le problème n’est donc pas nécessairement que tu refuses consciemment de placer ta confiance en Allah.
Il peut aussi exister une difficulté beaucoup plus ancienne à ressentir :
« Là, maintenant, je peux relâcher un peu la pression. »
Le piège du « quand j’aurai fini, je serai tranquille »
Cette phrase mérite qu’on s’y arrête.
« Quand j’aurai fini, je serai tranquille. »
Est-ce une phrase que tu te répètes souvent ?
Quand j’aurai fini ce dossier.
Quand les enfants seront couchés.
Quand j’aurai réglé ce problème.
Quand nous aurons déménagé.
Quand j’aurai terminé mes études.
Quand mes finances iront mieux.
Quand cette période sera passée.
Alors seulement, je pourrai souffler.
Mais cette manière de fonctionner place la sécurité dans un futur qui recule constamment.
Une difficulté disparaît et une autre prend sa place.
Or, Allah ne nous a jamais promis une dounia sans épreuves.
Il dit :
« Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants. »
Coran, sourate Al-Baqara, 2:155
Attendre que la vie ne contienne plus aucune incertitude avant de s’autoriser à être apaisée risque donc de devenir une attente sans fin.
L’enjeu est progressivement d’apprendre autre chose :
Je peux continuer mon chemin sans exiger que tout soit réglé pour m’autoriser à respirer.
« Tu manques de tawakkul » : attention à la culpabilité religieuse
C’est ici qu’une difficulté supplémentaire peut apparaître.
Tu es déjà anxieuse.
Puis quelqu’un te dit :
« C’est parce que tu ne fais pas assez confiance à Allah. »
Que se passe-t-il ?
Tu peux commencer à analyser ta foi.
« Peut-être qu’elle a raison… »
« Pourquoi suis-je aussi inquiète si je crois vraiment qu’Allah contrôle toute chose ? »
« Est-ce que mon anxiété signifie que mon tawakkul est mauvais ? »
À l’anxiété initiale vient alors s’ajouter une seconde souffrance : la culpabilité.
Le mécanisme peut devenir :
Anxiété → jugement spirituel → culpabilité → davantage d’anxiété.
Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il ne faut jamais se remettre en question spirituellement.
Nous avons toutes besoin de rappels.
Nous avons toutes des choses à travailler dans notre relation à Allah.
Mais un rappel bénéfique n’est pas la même chose qu’une conclusion simpliste sur les causes d’une souffrance psychologique.
Toutes les difficultés psychologiques ne prouvent pas une faiblesse spirituelle. Et reconnaître une dimension psychologique ne signifie pas pour autant dissocier cette réalité de notre rapport à Allah.
Les deux peuvent être travaillés ensemble.
Et toi, lorsque ton anxiété monte, quel est ton premier réflexe ?
Cherches-tu à comprendre ce qui t’a déclenchée ?
Ou commences-tu immédiatement à te reprocher de ressentir ce que tu ressens ?
3. Comment cultiver le tawakkul quand on est anxieuse ?
L’objectif n’est pas de choisir entre psychologie et spiritualité.
Tu peux prendre soin de ce qui se passe dans ton corps, observer tes pensées, comprendre ton histoire et nourrir ta relation avec Allah.
Voici plusieurs pistes concrètes.
Étape 1 : Reviens d’abord dans le présent
Lorsque l’anxiété monte fortement, essayer immédiatement de débattre avec toutes tes pensées n’est pas toujours la stratégie la plus accessible.
Tu peux commencer par revenir à ton environnement.
Un exercice d’ancrage connu est la méthode 5-4-3-2-1.
Prends une à trois minutes et identifie :
5 choses que tu vois ;
4 choses que tu peux toucher ;
3 sons que tu entends ;
2 odeurs que tu peux identifier ;
1 goût ou sensation dans ta bouche.
Le but n’est pas de faire « disparaître » miraculeusement l’anxiété.
Il s’agit de rediriger ton attention vers ce qui est réellement présent autour de toi.
Tu peux aussi faire beaucoup plus simple.
Si tu es assise, ressens le contact de ton dos contre le dossier.
Observe le poids de tes cuisses sur la chaise.
Pose tes pieds au sol.
Regarde autour de toi.
Même une activité quotidienne peut parfois remplir cette fonction.
Faire la vaisselle, par exemple : sentir l’eau sur tes mains, toucher les assiettes, entendre le bruit de l’eau, sentir le savon…
Ce n’est évidemment pas une thérapie miracle cachée dans ton liquide vaisselle !
Mais une activité sensorielle peut parfois aider à ramener ton attention vers ici et maintenant.
Étape 2 : Mets des mots sur ce que tu ressens
Une fois un peu plus présente, essaie de ne pas commencer par :
« Je ne devrais pas ressentir ça. »
Essaie plutôt :
« Là, je remarque que je me sens en insécurité. »
Puis demande-toi :
Qu’est-ce que j’ai peur qu’il se passe ?
Qu’est-ce que mon esprit essaie actuellement d’anticiper ?
Qu’est-ce qui est vrai ici et maintenant ?
Est-ce un danger présent ou suis-je en train d’anticiper un danger possible ?
Cette distinction peut être très importante.
Micro-exercice — 1 minute
Complète simplement ces quatre phrases :
Là, je ressens…
Mon corps me fait sentir…
J’ai peur que…
À cet instant précis, je sais que…
Pas besoin d’écrire trois pages.
Quelques mots suffisent.
Étape 3 : Fais la différence entre les causes et le résultat
Voici peut-être l’exercice le plus directement lié au tawakkul.
Prends une feuille et trace deux colonnes.
Ce que je peux faire
Par exemple :
préparer mon entretien ;
demander conseil ;
prendre rendez-vous ;
réviser ;
organiser mon budget ;
parler calmement à mon mari ;
demander pardon après une erreur ;
consulter un professionnel si j’en ai besoin.
Ce que je ne maîtrise pas
Par exemple :
la réaction de l’autre ;
la décision finale ;
l’avenir ;
le comportement de toutes les personnes autour de moi ;
les imprévus ;
ce qu’Allah a décrété.
Puis pose-toi cette question :
Ai-je accompli les causes raisonnablement accessibles aujourd’hui ?
Si oui, observe ce qui se passe lorsque ton cerveau réclame encore une garantie.
Parce que c’est parfois là que se cache le besoin de contrôle.
Tu ne cherches plus seulement à faire ta part.
Tu cherches à obtenir la certitude que tout se déroulera comme prévu.
Or cette certitude ne nous appartient pas.
Le tawakkul nous rappelle précisément cela :
je fais les causes et je confie l’issue à Allah.
Étape 4 : Apprends à dire « c’est suffisant pour aujourd’hui »
Pour certaines femmes, terminer une tâche ne produit presque aucune satisfaction.
À peine une chose est-elle cochée que le cerveau ouvre le dossier suivant.
Si tu te reconnais, essaie une petite expérience.
La prochaine fois que tu termines quelque chose, ne passe pas immédiatement à la suite.
Arrête-toi 30 secondes.
Dis simplement :
« Al-hamdulillah. Cela est fait. »
Observe.
Pas besoin de te convaincre que tu as accompli quelque chose d’extraordinaire.
Il s’agit simplement de laisser ton cerveau enregistrer qu’une tâche a été terminée.
Tu peux ensuite te demander :
« Qu’est-ce qui est déjà satisfaisant dans mon présent ? »
Ton enfant a mangé ?
Al-hamdulillah.
Même si tu lui as préparé quelque chose de très simple.
Tu as fait une démarche importante ?
Al-hamdulillah.
Même si cinq autres t’attendent.
Tu as révisé vingt minutes ?
Al-hamdulillah.
Même si ton programme n’est pas terminé.
Le but n’est pas de devenir négligente.
Il est de sortir progressivement de la logique :
« Rien ne compte tant que tout n’est pas terminé. »
Étape 5 : Remplace « je serai en paix quand j’aurai fini » par « je suis sur le chemin »
Il y a une différence immense entre ces deux phrases.
« Je serai tranquille quand j’aurai terminé. »
et :
« Je n’ai pas terminé, mais je suis sur le chemin. »
Dans la première, l’apaisement dépend de l’arrivée.
Dans la seconde, tu reconnais la valeur du chemin.
Cette perspective peut être particulièrement précieuse dans notre rapport à la dounia.
Tout ne sera jamais terminé.
Mais aujourd’hui, tu peux avancer.
Tu peux faire une cause.
Puis une autre.
Et apprendre progressivement à être en paix avec le fait que tu ne maîtrises pas tout.
Demande-toi :
Et si je n’avais pas besoin d’avoir fini pour reconnaître que j’avance ?
Étape 6 : Fais de ton tawakkul un refuge, pas une arme contre toi
Le tawakkul n’a pas besoin de devenir une nouvelle exigence :
« Je dois absolument réussir à ne plus être anxieuse sinon mon tawakkul n’est pas assez fort. »
Ce serait reproduire exactement la logique du « jamais assez ».
Jamais assez productive.
Jamais assez organisée.
Jamais assez calme.
Et maintenant…
Jamais assez croyante.
Au contraire, reviens vers Allah avec ce que tu ressens.
Tu peux faire du dhikr.
Lire le Coran.
Multiplier les invocations authentiques.
Prier.
Apprendre les Noms et Attributs d’Allah.
Et Lui demander de t’aider précisément là où tu te sens fragile.
Allah dit :
« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »
Coran, sourate Al-Baqara, 2:286
Tu n’as pas besoin d’attendre de ne plus ressentir aucune peur pour te tourner vers Allah.
Tu te tournes vers Lui avec ta peur.
4. Les erreurs fréquentes à éviter avec l’anxiété et le tawakkul
Croire qu’une « bonne musulmane » ne devrait jamais être anxieuse
La foi ne transforme pas l’être humain en personne dépourvue d’émotions.
Peur, tristesse, inquiétude et vulnérabilité font partie de l’expérience humaine.
La question n’est pas seulement : « Qu’est-ce que je ressens ? »
Mais aussi : « Que vais-je faire avec ce que je ressens ? »
Répondre systématiquement : « Tu dois juste faire confiance à Allah »
La confiance en Allah est fondamentale.
Mais si une femme souffre d’une anxiété importante, lui répéter uniquement cette phrase peut ne pas suffire à comprendre ce qu’elle traverse.
Elle peut avoir besoin de travailler son rapport aux pensées, au corps, au contrôle, à son histoire ou à certains déclencheurs.
Confondre faire les causes et vouloir tout contrôler
Tu peux préparer.
Planifier.
T’organiser.
Demander conseil.
Anticiper raisonnablement.
Mais observe le moment où ton organisation ne sert plus seulement à agir et commence à servir à obtenir une garantie impossible :
« Il faut que je sois certaine que rien ne pourra mal se passer. »
C’est différent.
Opposer accompagnement psychologique et spiritualité
Consulter une psychologue ou un autre professionnel compétent ne signifie pas nécessairement que tu négliges le tawakkul.
Consulter peut faire partie des causes que tu prends.
De la même manière que tu peux consulter pour une souffrance physique, une souffrance psychologique persistante peut justifier un accompagnement approprié.
La psychologie ne remplace pas ta relation avec Allah.
Et la spiritualité ne nous oblige pas à nier les mécanismes psychologiques.
Transformer toute souffrance en problème de foi
C’est probablement le point essentiel à retenir.
Une difficulté peut avoir plusieurs dimensions.
Psychologique.
Relationnelle.
Familiale.
Physique.
Sociale.
Spirituelle.
Ces dimensions peuvent interagir.
Nous gagnons donc à éviter les diagnostics religieux rapides sur les autres.
Et lorsqu’une question particulière relève réellement de la croyance ou du fiqh, tourne-toi vers un savant de confiance attaché au Coran et à la Sounna authentique.
Conclusion : tu peux être anxieuse et apprendre à faire confiance à Allah
Être anxieuse ne signifie pas automatiquement manquer de tawakkul.
Ton corps peut avoir appris à rester vigilant. Ton histoire peut avoir renforcé ton besoin d’anticiper. Ton esprit peut chercher la sécurité dans le contrôle ou dans cette promesse : « quand tout sera terminé, enfin je pourrai souffler ».
Mais tu peux apprendre progressivement une autre manière d’avancer.
Faire les causes. Reconnaître tes limites. Revenir au présent. Et confier à Allah ce qui ne t’appartient pas.
Ton prochain petit pas ?
Prends une situation qui t’inquiète aujourd’hui et demande-toi :
« Quelle est la prochaine cause raisonnable que je peux accomplir ? Et quelle partie dois-je accepter de remettre à Allah ? »
Puis avance d’un pas.
Pas de dix.
D’un seul.
Et rappelle-toi que tu peux être encore en chemin sans considérer ton chemin comme un échec.
Qu’Allah apaise ton cœur, raffermisse ta confiance en Lui et t’accorde un tawakkul sincère et bénéfique. Âmîn.
Important : cet article relève de la psycho-éducation et ne permet pas de poser un diagnostic. Si ton anxiété est intense, persistante, provoque des crises importantes ou perturbe fortement ton sommeil, ta vie familiale, professionnelle ou religieuse, n’hésite pas à consulter un professionnel de santé compétent.
FAQ : anxiété et tawakkul
1. Est-ce que l’anxiété est un manque de foi en Islam ?
Non, la présence d’anxiété ne permet pas à elle seule de conclure qu’une personne manque de foi. Une réaction anxieuse peut avoir différentes dimensions : psychologiques, corporelles, relationnelles ou liées à des expériences passées. La relation à Allah peut évidemment être travaillée en parallèle, mais il est préférable d’éviter de réduire automatiquement toute anxiété à une faiblesse spirituelle.
2. Comment avoir plus de tawakkul quand on est anxieuse ?
Commence par distinguer ce qui dépend de toi de ce qui ne dépend pas de toi. Accomplis les causes raisonnablement accessibles, et travaille à remettre l’issue à Allah. Le dhikr, les invocations authentiques, la prière, la lecture du Coran et la connaissance d’Allah nourrissent également le tawakkul. Sur le plan psychologique, apprendre à revenir au présent et comprendre ses déclencheurs peut aussi être utile.
3. Quelle différence entre tawakkul et lâcher-prise ?
Le « lâcher-prise » est une expression courante en psychologie et dans le langage quotidien. Le tawakkul possède une signification spécifiquement islamique : placer sa confiance en Allah tout en prenant les causes permises. Il ne signifie donc ni abandonner ses responsabilités ni attendre passivement qu’un problème disparaisse.
Et toi ?
Lorsque tu es anxieuse, as-tu déjà pensé : « Je devrais avoir davantage confiance en Allah » ?
Observe cette pensée sans te juger.
Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi aujourd’hui : faire les causes, accepter de ne pas contrôler le résultat ou simplement t’autoriser à souffler alors que tout n’est pas terminé ?
Tu peux partager cet article à une sœur qui culpabilise de ressentir de l’anxiété.


